jeudi 24 février 2011

Le Culte du Jeudi / Ecoovie

Chaque jeudi, découvrez un nouveau culte étrange: parfois drôles, souvent terrifiants, nos portraits ne visent ni à faire de la publicité, ni à dénoncer, mais simplement à découvrir une série de mouvement qui aboutira, sur un mois, au portrait plus général d’une tendance.

Ne tournons pas autour du pot, aujourd'hui il est question d'une "secte" qui a eu de nombreux démêlés judiciaires. Son Gourou a été l'objet de plusieurs accusations de pédophilie et serait responsables de la dégradation de santé de ses ouailles. Après son procès au Canada, il est parti au Nicaragua où il vivrait encore aujourd'hui.

Tout a commencé en 1973, lorsqu’un certain Piel Petjo Maltest fonde à Paris « L’institut de documentation, d’enquêtes et d’études » dont l’objectif est la « la recherche et l’étude sur tous sujets, la diffusion par tous moyens, des résultats des recherches et des enquêtes». Affirmant à qui veut l’entendre qu’il appartient à la tribu indienne des Micmacs, Piel Petjo Maltest rejoint  Ecoovie , coopérative de vie écologique déclaré en 1978 à Paris. Il amène avec lui les membres de La Tribu, un groupe écolo-naturiste dont il est le chef, et dont tous les «écoopérateurs» travailleront bénévolement. La Tribu vit dans la Nature, à Noisy-le Grand (93).

Cliquez ici pour découvrir l'histoire de ce gourou mythomane qui, on le verra, a un goût prononcé pour les noms ronflants et les petits enfants.


 Itinéraire d’un gourou gâté 


Vers 1978, la secte, parfois appelé « Université itinérante de la liberté », comptait entre 500 et 700 membres. Elle a pour ambition de proposer une façon de vivre plus respectueuse de la nature.

Le gourou, Piel Petjo maltest, qui se présentera par la suite comme « Joseph Maltais », prétend avoir trouver le moyen de sauver la terre ! En attendant, il profite de sa position de gourou pour violer plusieurs adolescents. « Maître omniscient », Joseph Maltais est une maître en manipulation et sa spécialité est de provoquer l’adhésion aveugle par des idées nobles et généreuses. Ils détournent l’idéalismes de ses membres pour les asservir.
Suite à diverses plaintes, Maltest disparaît dans la nature après avoir promis à ses adeptes que son demi-frère Norman Williams, Indien lui aussi, viendrait les guider. En réalité, les deux hommes ne font qu’un.

Dans sa nouvelle vie, Norman dit être né le 27 juin 1937 à East Angus au Québec. Il s’avère être un homme marié, père de trois enfants. Il fonde une nouvelle Université, l’Université de l’ïle de France, bientôt transformé en Université de la Paix (Uni-Pax) en 1983. Mais il voit plus grand et s’infiltre dans la Fédération mondiale des villes jumelées et signe en mars 1983 un protocole d’accord qui fait de lui le « secrétaire fédérale pour la paix, le désarmement et les droits de l’homme». Représentant du Conseil mondial des peuples, ethnies et minorités, il décide de donner un nouveau nom au répaire de sa Tribu à Noisy-le-Grand : le «Marnoi-silles site paléo-archéologique» ou « première réserve indigène d’Europe. A cette époque, il s’agit en réalité de dizaines de personnes vivotant misérablement sous des tentes indiennes.

Infatiguable, il créé l’Université nouvelle itinérante du Retour (UNI-R), rattaché - bien sûr - à la Fédération transnationale des Universités nouvelles, et le 21 mars 1984, il donne le coup d’envoi de la « Marche du Retour » : 170 personnes, femmes enceintes et enfants y compris, partent de Noisy-le-Grand... enfin, du Marnoi-silles site paléo-archéologique - pour effectuer le tour du monde à pied en l’espace de seize ans. Selon, les articles que j’ai lu sur le sujet, des radeaux étaient prévu pour traverser les mers et océans. L’expédition a bel et bien lieu, à travers le France, l’Espagne, le Portugal avant d’arriver au Maroc. Mais en décembre 1986, maladitions, inanitions, défections, l’entreprises semblent s’essoufler.

Norman Williams décide alors de retenter de sauver le monde depuis la Belgique. Il y transfère une partie de ses adeptes et fonde un Conseil Mondial des peuple, une Fondation européene de la vie associative, une association Ressource, un « Centre Oecuménique franciscain et une Faculté de théologie. Il devient ministre général de l’Ordre des frères mineurs récollets et change de nom. Malheureusement pour lui, « Frère Maolinn Tiam » est arrêté et expulsé de Belgique pour faux et usages de faux, escroquerie, abus de confiance, port public de faux noms et association de malfaiteurs.

Mais Frère Maolinn court toujours... On retrouve sa trace en Finlande où il fonde l’Iriadamant, une nouvelle Tribu. Il s’infiltre dans les milieux écologistes et sera même reçu au parlement d’Helsinki à l’occasion d’un Congrès. Il est repéré et expulsé à nouveau. Pendant ce temps, les écoovistes continuent de suivre Norman williams de pays en pays. En France, une enquête a été ouverte suite à la mort d’un homme originaire de Nantes, reconnu comme membre de la Tribu.


 Se rapprocher de la nature avec Ecoovie 


Ecoovie se présente comme « un réseau auto-géré présentant une alternative globale » et commercialise des aliments bio permettant de « revenir à une vie saine et primitive ». Sa doctrine, présentée sur ce site, est « la poursuite des buts communs : paix, solidarité et harmonie des hommes et des peuples », ou encore « le retour à la conscience planétaire des problèmes de la paix, du racisme, de la faim dans le monde ». Au-dela des discours idéalistes, un certain nombre de conceptions et de pratiques étaient - soit-disant - puisées dans les mœurs des Indiens d'Amérique du Nord. Les écoovistes de la Tribu les ont expérimentées à leurs dépends.

Isolement et rejet de la vie moderne se traduisait par l’absence de scolarisation au profit «d’ateliers sauvagers» où l’adulte «renseigne mais n’enseigne pas». A la Spartiate, toute autorité parentale était rejeté pour ne pas saper l’autorité de la vraie famille : la Tribu. Les enfants étaient très tôt détachés de leurs parents - un des multiples moyens pour le Gourou d’avoir de l’ascendant sur eux... Norman avait imposé « l’homosexualité et la sexualité libre et communataire ». Au final, ce que les enquêteurs belges découvriront n’était rien d’autre qu’un réseau pédophile.

Il va sans dire que le Gourou proscrivait tous soins médicaux et pharmaceutiques. Nul besoin de toute façon car, médecin et magicien, il pouvait lui-même soigner les maladies par les plantes, la glaise et les animaux. Difficile à vivre pour les écoovistes qui devaient travailler dix à quatorze heures par jour, sans rémunération ni déclaration et à main nues pour «le contact avec la terre», contact très important qui s’accompagnait, bien sûr, de la défécation dans la terre comme les animaux, pour ne pas couper le circuit vibratoire sol-plante-mangeur-déjection-sol. Tout écoovistes se devaient de coucher à même la terre.

De son côté, Norman fréquentait hôtels et restaurants divers où il menait d’autres affaires sous d’autres fausses identités.


Source :
• Tous les articles sur Prevensectes ici.
• Reportage audio remarquable : Partie 1 ; Partie 2 : Partie 3
• LaLibre
• http://dignitehumaine.ifrance.com/sectes/ecoovie.htm
• Un article datant de 1996 : http://archives.lesoir.be/vie-et-mort-d-une-secte-petit-pere-du-peuple-vert-ou-pe_t-19960228-Z0AR6C.html

8 commentaires:

  1. "tout écooviste se devait de coucher à même le sol" : c' est faux!

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  2. "Au final, ce que les enquêteurs belges découvriront n’était rien d’autre qu’un réseau pédophile." : c' est faux! Si pédophilie, il y a eu, alors cela ne concernait qu' un seul adulte! En aucun cas, à ma connaissance, il n' y eu d' acte pédophile engendré par quelqu' un d' autre que cette personne.

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  3. "Difficile à vivre pour les écoovistes qui devaient travailler dix à quatorze heures par jour, sans rémunération ni déclaration et à main nues pour «le contact avec la terre»", Contrairement à ce qui a été dit, personne n' a jamais été contraint de travailler. Il y a eu quelques fois des actes (très exceptionnels) très condamnables de pression sur quelques personnes (surtout du côté des femmes). Cela était dû à la pression engendré par les incertitudes, les incompréhensions, la peur pour certains. Mais il existait aussi une contestation de quelques uns qui avaient remarqué les incohérences du discours de Norman William. Celui-ci n' a jamais voulu répondre à leurs questions.

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  4. Le moteur de tout cela a été la curiosité. " et si c' était vrai !?..." Quant aux homosexuels, ils n' étaient à ma connaissance que 2 parmi les hommes. Environ 4%.

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  5. Vous m'intéressez, vous avez un témoignage ?

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    1. désolé du retard. j ai fait moi-même partie de ce groupe jusqu' à l' éclatement (car séparation il n' a pas vraiment eu) en Italie, le 1 avril 1994, en Aspromonte. bien entendu, tout pouvait paraître incompréhensible. idiot, injustifié, grotesque aux yeux de personnes de l' extérieur mais il existait aussi une contestation au sein même du groupe. certains des contestataires ont fini par rejoindre le groupe au Canada ou au Nicaragua. pourquoi? facile à comprendre! quel projet proposent les sociètés actuelles. on parle de manipulation, de mensonges, d' abus (...), de tromperies, d' escroqueries, etc. pour Ècoovie, mais on retrouve tout cela dans les toutes les sociétés du monde (à part quelques groupes ethniques) pour lesquelles on peut rajouter corruption, trafics en tous genres, favoritisme, j' en passe et des pires. Oui des décès il y en a eu, mais si l on compare le nombre de morts et les raisons de décès à ceux qui arrivent dans les sociètés du monde on peut se rendre compte très facilement que Écoovie dans l' ensemble était un groupe plutôt tranquille et sans probème. De nos jours ce groupe a essaimé dans le monde entier, fait pousser ses arbres en paix, comme il aurait dû pouvoir le faire aussi en Europe. Il faut évidemment séparer ces activités pré-citées des activités de Norman William, qui n' a jamais daigné en rendre compte non-plus aux membres du groupe. en ce qui me concerne j ai appris par internet certaines informations qui bien que m' ayant surpris ne m' ont pas au final étonné. D' autre part à ma connaissance il n' y a eu que 2 décès d' adultes entre 1984 et 1994, l un dû à l' absorption de graines non lavées céréales qui a conduit à une occlusion intestinale et l' autre dû à un régime végétalien extrèmement strict qui ne fut jamais imposé à qui que ce soit. la personne en question m' avait quelques années auparavant parlé de ses problèmes cardiaques (qu' il avait donc déjà bien avant de rejoindre le groupe), le déplacement journalier sur un parcours d' une trentaine de kilomètres ne pouvait dans ce cas-là qu' à un affaiblissement général de son organisme. dans les 2 cas, on peut reprocher le manque d' initiative ou de volonté (pour quelque raison que ce soit) pour conduire les 2 malades vers un organisme médical adapté. la plupart du groupe n' a jamais rien su de ces évènements avant le 01 avril 1994. en ce qui concerne le décès de gilles besnard, j' ai eu connaissance des faits par internet, plus de 10 ans aprés l´ éclatement entre autres par les reportages de radio-canada. personnellement, je ne regrette rien de cette époque, même si nous n' avons pas pu vivre alors comme nous le voulions, à cause des accusations concernant Norman William, qu' elles soient justifiées ou non, ceci ne me regardant pas, ou à cause de parents à la recherche de leurs enfants tous majeurs puisqu' âgés pour la plupart de plus de 30ans.

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    2. Bonjour,
      Pourrions-nous prendre contact pour d'autres questions ? J'ai créé un autre site, Tryangle.fr, et je serai curieux de pouvoir parler d'Ecoovie avec vous.
      Pourriez-vous m'écrire à tryanglemag@gmail.com ?
      Théodore

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    3. C'est l'occasion d'apporter de la nuance sur les éléments de mon premier article.

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